5 January 2017 JosselinLeclercq

L’histoire de la typographie – Partie 2

Relire la première partie de cet article


Quelques notions de bases

Avant de s’aventurer plus profondément dans l’histoire de la typographie, il vaut mieux faire un petit point sur les différentes parties d’un glyphe. Commençons par là tout simplement : un glyphe, c’est n’importe quel caractère d’une police. Lettre minuscule (ou bas de casse), lettre capitale, chiffre ou encore signe de ponctuation. La typographie est une discipline complexe. Pour pouvoir en parler, il faut connaitre le lexique de cet art. Les images valent parfois mieux que les mots, découvrons donc cela avec deux images de l’anatomie de caractères.

 


Le Garamond – Police de référence

Le Garamond, c’est tout un art de vivre. Au départ, la police garamond a été créée par Claude Garamont vers 1540. (Notez que le nom de la police se termine par un “d” tandis que le nom du créateur par un “t” – C’est pour la simple raison qu’en latin, qui était la langue de l’édition à l’époque, la police se nommait “Garamondus”). Elle connu rapidement un réel succès et fut même adopté par le royaume de France pour ses ateliers d’imprimerie royale. Ce qui caractérise cette police, c’est la finesse de ses déliés, de ses traverses et de ses diagonales. Ces caractéristiques en font une police très élégante et raffinée. Idéale pour l’impression, les pleins entre les hampes des caractères sont savamment calculés. Ils apportent un équilibre et une stabilité à cette typographie. Cette police de caractère est également très économe en encre, du fait de sa finesse. C’est un élément très important à prendre en compte à l’époque car l’encre coûtait cher.

Cette police de caractère emblématique est devenu un véritable symbole et beaucoup de polices actuelles en sont directement inspirées. Les polices Plantin, Granjon ou encore Calson sont des héritières du Garamond. Maximilien Vox dans sa classification de Vox-Atypi datant de 1952 la prend comme référence. La famille des Garaldes (ou Elzévirs*1). Cette famille concerne les polices à empattements triangulaires dont les pleins et les déliés sont en contraste net.

Police de caractère - Garamond

Les classifications typographiques

Comme nous l’avons dit plus haut, des personnalités de la typographie comme Maximilien Vox ou encore Francis Thibaudeau ont établit des classifications. Francis Thibaudeau, Typographe Français a réalisé la première en 1921, la classification Thibaudeau. Elle répartie les différentes polices en quatre familles qui se distinguent les unes des autres par leurs empattements. Ce classement assez sommaire a été grandement amélioré par le théoricien Maximilien Vox en 1953. Cette nouvelle classification (Vox-atypi) répartie les différentes typographies selon douze grandes familles. Pour simplifier les choses, faisons une nouvelle fois appel à l’image.

Comme on peut le voir sur l’image ci-dessous, la classification de Vox-Atypi prend en compte beaucoup plus de facteurs et classe même les polices sur deux niveaux (Garaldes, Humanes, Manuaires, etc… Puis Classiques et Modernes). Maximilien Vox utilise la base du nom de la police Garamond pour une des catégories de sa classification. Cela permet de comprendre à quel point cette police était emblématique de son temps symbolisant à elle seule tout un style typographique. Il existe une autre police qui est tout aussi emblématique et dont la base du nom est utilisée pour nommer une catégorie de typographie. La police Didot !

 


La famille Didot

Firmin Didot, typographe français du XVIIIième siècle créa une police de caractère portant son nom vers 1780. Cette typographie fût créée pour les imprimeries de son frère Pierre Didot à Paris. La famille Didot était déjà célèbre à l’époque dans le monde de l’imprimerie. C’est François Didot, le grand-père qui ouvrit la première imprimerie de la famille à Paris. Son fils François-Ambroise Didot lui succéda jusqu’en 1804, puis ce fût au tour de Pierre (le frère de Firmin). Les imprimeries Didot sont toujours en activité aujourd’hui et sont détenues par le groupe CPI.

Ce fût le père, François-Ambroise Didot qui fut le premier à inscrire le nom de la famille dans l’histoire de la typographie. En effet, les typographes utilisent ce qu’on appelle “le point Didot” qui est l’unité typographique (aujourd’hui, pour les caractères numériques, les typographes utilisent le point pica). Firmin utilisa le point Didot pour créer la police du même nom dont son frère se servi pour ses imprimeries. Nous ferons un point plus précis sur cette police emblématique la semaine prochaine (et cette fois-ci, ce sera bien la semaine prochaine et non pas un an plus tard).

Et bien, à la semaine prochaine !

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